Ce qu'il y a de bien avec les grèves, c'est qu'on change nos habitudes...
Je ne vais pas faire un billet politique en vous faisant part de mon opinion sur le CPE, je me contenterai de vous raconter pourquoi j'ai eu mal aux pieds hier soir.

Hier matin, à ma grande surprise, j'ai mis presque moins de temps pour rejoindre mon quartier d'affaire du 8ème. Une dizaine d'heures plus tard, il est temps de regagner mes pénates. Le hic c'est qu'en partant de ma tour d'argent, j'ai ommis de consulter l'état du métro parisien. Je pars donc, avec entrain et bonne humeur, rejoindre mon 6ème avec ascenceur, à l'est de Paris.

Ah mais c'est que l'état était lamentable, voire catastrophique. Les lignes 9 et 8 (mes lignes !!!) crient à l'agonie.  2 métros bondés me passent sous les yeux. Au troisième, je suis plus que décidée à monter. Je tiens le coup jusqu'à République, en espérant grimper dans un métro de la ligne 8.

Mais non, 30 minutes d'attente entre deux rames, trop peu pour moi. Je rejoins l'air libre, de la place de la République, et je suis bien décidée à rentrer à pied. C'est alors que je découvre manifestants, casseurs et CRS. Ce que je ne vous ai pas dit, c'est que je ne savais pas que cette place serait le lieu de la dispersion...(oui je sais, fallait juste se renseigner, mais bon).

Et bé oui, y'a des jours comme ça.

Prête à affronter le bitume, je me faufile, comme je peux, et j'arpente les trottoirs parisiens. De République à Bastille, j'ouvre mes yeux, et je vois un autre monde. Mon appareil photo m'a fait défaut ce jour-là... Dommage!

Juste avant de rejoindre Bastille je joue du pouce, et le miracle de la solidarité a lieu : une voiture s'arrête, sa destination est Nation... Je monte, je descends à Nation, 20 minutes de marche et enfin mon chez moi se rapproche. Je prie pour que l'ascenceur fonctionne. Pitié, pas les 6 étages à pieds. Il marche. Ouf. Il est 20h15. 2 heures 15 de transport divers et variés...

Conclusion :
Ne pas dire à ma maman que j'ai fait du stop, et surtout ne pas lui dire que je lui ai menti au téléphone. Parce qu'elle m'a appelé pour savoir où j'étais. Je lui ai dis à République. "Y'a pas trop de casse?" me demande t-elle. Ah ben si y'en avait, mais je ne pouvais pas le lui dire.
Parce qu'elle était à 200km de Paris, parce qu'elle se serait fait du souci, parce qu'il vaut mieux le lui dire une fois qu'elle est certaine que, non, rien n'est arrivé à sa chérie d'amour. Donc voilà maman, lolo la gaffeuse ne s'est pas fait voler son portable, n'est pas tombée entre les mains de vilains bonhommes, ne s'est pas fait embarquer par les CRS. Tutti va bene. Sauf mes pieds, ils ont eu un peu mal.

A la prochaine grève, je prends la ligne 14.
Ah oui, je vous ai pas dit!
J'aurai pu aller à St Lazare en 10 minutes, monter dans une rame automatique, sans conducteur donc sans grève, rejoindre la station Bercy Saint Emilion en 12 minutes et marcher de nouveau 15 minutes pour me poser trankillou dans mon canapé.

Y'a des jours comme ça.